Les paradoxes du dollar et de l’euro
Envoyé le 31 août , 2009
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Les paradoxes du dollar et de l’euro
Le marché des changes a persisté cette semaine dans ces paradoxes dont il est coutumier. Des nouvelles encourageantes sur la croissance américaine ont ainsi été accompagnées d’accès de faiblesses du dollar. Au contraire, l’euro s’est approché de 1,44 dollar, son plus haut niveau de l’année, malgré la publication de chiffres montrant une contraction du crédit bancaire dans la zone monétaire européenne en juillet !
Parallèlement, le jeu de billard dollar-euro-pétrole s’est poursuivi : en réaction à la faiblesse du dollar – devise de cotation de l’or noir -, le prix du pétrole a connu de fortes reprises et touché les 75 dollars à New York. Par ailleurs, les marchés obligataires ont résisté cette semaine à la bonne tenue des places boursières et à leur concurrence vis-à-vis des investisseurs.
Dès lundi 24 août, la faiblesse possible du billet vert avait été expliquée par les analystes de Barclay’s Capital, cités par l’AFP : « Le dollar reste vulnérable face à toute bonne surprise sur le front de l’économie américaine », prévenaient-ils ! Les signes d’amélioration aux Etats-Unis – et plus généralement de la conjoncture internationale – redonneraient en effet aux opérateurs des marchés de l’appétit pour le risque, et les inciteraient ainsi à sortir de la valeur-refuge représentée par le billet vert…
C’est ce qui a semblé se produire. Vendredi, les économistes du Crédit agricole résumaient finalement : « Tous les indicateurs publiés cette semaine (aux Etats-Unis), à l’exception notable de la consommation, ont favorablement surpris : hausse de la confiance des consommateurs – selon l’enquête du Conference Board -, forte progression des nouvelles commandes de biens durables, bond des ventes de logements neufs et hausse (!) des prix immobiliers – confortant la sortie de récession du marché immobilier résidentiel -, recul du produit intérieur brut inchangé à – 1 % en rythme annualisé au deuxième trimestre en deuxième estimation », alors que les analystes redoutaient un chiffre plus mauvais (- 1,5 %).
SOUTIENS BUDGÉTAIRES
Quant à la consommation des ménages, si elle était effectivement légèrement inférieure aux attentes des marchés, elle a néanmoins marqué une progression : + 0,2 %. Pour les économistes du Crédit agricole, les Etats-Unis sont « une économie qui s’extirpe de la récession, grâce aux divers soutiens budgétaires et artifices techniques, mais qui reste vulnérable ».
D’autre part, mardi, le président Barack Obama a, sans surprise, reconduit le patron de la Réserve fédérale américaine, Ben Bernanke, pour un nouveau mandat. Or le banquier central venait de se montrer rassurant lors du traditionnel séminaire de la Fed de Jackson Hole (Wyoming), vendredi 21 août : « L’activité économique semble être en train de se stabiliser, à la fois aux Etats-Unis et à l’étranger, et les perspectives de retour à la croissance à court terme semblent bonnes. »
Pour les détenteurs de dollars, ces nouvelles marquaient donc le signal pour investir sur des devises jugées plus risquées. L’euro a pu d’abord apparaître comme un bon support. Les enquêtes de conjoncture publiées cette semaine dans la zone ont été très encourageantes : l’indice du climat économique de la Commission européenne s’est notamment amélioré pour le cinquième mois consécutif et le moral des chefs d’entreprise allemands mesuré par l’indice IFO a fortement progressé.
Mais des chiffres publiés jeudi par la Banque centrale européenne (BCE) laissent planer une inquiétude. En juillet, le crédit bancaire au secteur privé a marqué le pas dans la zone euro, progressant de seulement 0,6 % sur un an, après 1,5 % en juin. Sur un mois, « les flux de nouveaux crédits au secteur privé redeviennent négatifs (- 36 milliards d’euros, corrigés de la titrisation) après deux mois dans le vert », expliquent les économistes du Crédit agricole. Ce coup de frein n’est pas de bon augure.
Les professionnels suivront donc de près la prochaine réunion de politique monétaire de la BCE, jeudi 3 septembre à Francfort.
Source : Le Monde
